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  • Photo du rédacteurAdèle Aribaud

Graphiques zebras


En 1914, la panthère de Cartier dépose pour la première fois les ocelles de sa robe -bientôt mythique- sur le boitier d’une montre pour dame. Depuis, son pelage tacheté a recouvert des dizaines de créations de la Maison. Pour ce qui est du zèbre force est de constater que le succès n’a hélas pas été aussi fulgurant. La robe pourtant singulière de l’équidé n’a pas accédé à cette reconnaissance suprême du monde joaillier. Il n’en reste pas moins un grand sujet animalier, à l’origine de créations qui doivent défier l’imaginaire : de simples rayures blanches et noires ne suffisent pas à "faire" un zèbre.



C’est ce que le collier Zébrure de Cartier met en évidence. Dévoilé en 2016 avec le reste de l’incroyable collection Cartier Magicien au musée National de Tokyo, il illustre parfaitement la subtilité qu'exige la représentation du zèbre. Près du fermoir, de l’onyx et des diamants taille brillant s’alternent en bandes régulières. Si ce motif simple avait couru sur le bijou en intégralité, nous aurions eu à faire au minimum à un bijou à rayures bien dessinées et au mieux à un magnifique bijou de style Art Déco. Ici dès les deux tiers du bijou, les bandes noires se tordent, les diamants se décoincent, les bandes se dilatent. Et le zèbre est là.



On perçoit bien l’animal, suffisamment même pour rencontrer les bifurcations des lignes sur sa robe. Comme les empreintes digitales des hommes, chaque animal a des zébrures différentes. De fait toute terminaison de ligne dans le motif, pont ou crochet noir ou blanc est un nouvel indice d'identification pour la communauté scientifique. Ce sont également ceux-là qui servent aux joailliers à représenter son pelage. Le collier n’est d’ailleurs pas un exercice isolé, puisque le zèbre avait déjà fait une apparition sur une bague en 2013 dans la collection L’odyssée de Cartier – Parcours d’un style. Diamants et onyx y enrobent une importante tourmaline de plus de 31 carats. Déjà à l’époque, c’est parce que la ligne noire se scinde en deux que l'on comprend que c'est un pelage qui est représenté.


Chez Jar, point de mystère : un magnifique morceau d’agate zébrée fait la tête de l’animal qu’on reconnaît immédiatement. Inconditionnel du travail des pierres précieuses, Joel A. Rosenthal dit JAR l’avait sélectionné pour être présenté à la première rétrospective de son travail au Metropolitan Museum au milieu de 400 autres chefs d’œuvres et pièces uniques.

Toute la tête n’est malheureusement pas un seul et même bloc minéral, ses oreilles et son museau sont adjoints au reste : des oreilles en agate, de la basanite pour le museau. Richement orné, il a la chance d’avoir un œil en saphir, des bijoux de tête et un licol en diamants. Avec son port de tête royal, il est fin prêt pour une parade.



Clinquant, moderne et convoité : le zèbre de David Webb s’est imposé dès sa sortie en 1963 comme un must have. Irving Penn le photographie pour Vogue en 1964, ce qui conduit David Webb à remporter le Coty American Fashion Critics' Award la même année. Elizabeth Taylor et Jackie Kennedy compteront parmi ses plus illustres propriétaires… Jusqu’à ce que le Metropolitan Museum of Art de New York se l’offre pour sa collection permanente. La première de Webb à rejoindre le célèbre musée.


En véritable admirateur du monde animal, Webb ajoute à chacun de ses zèbres le détail qui fait toute la différence : chacun possède une robe d’émail différente. Pari gagnant ! En plus de porter un bijou emblématique, fabriqué et émaillé à la main et d’une incroyable facture, chaque propriétaire du bracelet zèbre possède un animal désigné, unique, reconnaissable entre tous. Ainsi les zèbres de Webb peuvent avoir une crinière plus ou moins fournie ou endiamantée, des yeux de rubis ou d'émeraudes, les oreilles relevées ou abaissées, des narines en or ou en platine, en spirale ou bien creusées.



Rappelons d’ailleurs via l'unicité des zèbres de Webb, que la préciosité de leur espèce est bien réelle. Paula Crevoshay un « mythe de la joaillerie d’art » en a fait entrer un dans sa collection Endangered Species. Il a ainsi rejoint dernièrement un toucan, un pingouin et quelques espèces de papillon dans ce regrettable (et alarmant) panthéon.


 

The Jewellery Editor. (Juillet 2013). Cartier journeys into exciting new territory with its Odyssee high jewellery collection. Consulté à l'adresse : http://www.thejewelleryeditor.com/jewellery/article/cartier-journeys-into-exciting-new-territory-with-its-odyssee-high-jewellery-collection/


Mallard, A-S pour Vogue. (octobre 2016). Le lancement de Cartier Magicien à Tokyo comme si vous y étiez. Consulté à l'adresse : https://www.vogue.fr/joaillerie/a-voir/diaporama/haute-joaillerie-cartier-magicien-bijoux-tokyo/38157


Webb, C. pour Jóia Gems. (Novembre 2013). JAR. Consulté à l'adresse :

https://www.vogue.fr/joaillerie/a-voir/diaporama/haute-joaillerie-cartier-magicien-bijoux-tokyo/38157?image=5c2f54ef2b0fe3c0c68df401


Consulté à l'adresse : https://gioiellis.com/fr/une-nouvelle-arrivee-dans-lolympe-de-paula-crevoshay/

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