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  • Photo du rédacteurAdèle Aribaud

Unions imprévues : la collection Diamond

Ces articles ont été écrits conjointement par Adèle Aribaud et Béatrice Del Favero qui vivent respectivement à Paris et à New York. Au cours de nos conversations, nous discutons des tendances en matière d'art et de bijoux des deux côtés de l'Atlantique. Dans cette optique, nous avons décidé de publier trois articles sur ce que nous percevons comme un regain d'intérêt pour la gemmologie et la minéralogie. Le premier est consacré à Hester Diamond, une collectionneuse acharnée de peintures de maîtres anciens, de meubles de créateurs et de minéraux spectaculaires.


Loin des stéréotypes des collectionneurs, le maniaque hyperspécialisé ou le Géo Trouvetou, Hester Diamond révèle une collection à la fois vaste et hyperpointue. Quelques chefs d’œuvres de peintures et sculptures Renaissance côtoient beaux livres et mobilier anglais du XVIIIème siècle. Dès les années 1950, le couple Diamond achète également des travaux modernes de jeunes artistes prometteurs. Le point commun de cet ensemble hétérogène ? La couleur, généralement vive et profonde, comme la recherche Hester en contemplant ses tableaux. Baignés au cœur de ces explosions chromatiques, les minéraux trouvent naturellement là le meilleur des écrins. À coups d’expéditions en Europe et en Asie, de visites et de découvertes, des dizaines de cristaux siègent finalement aux côtés de masterpieces remarquables dans une géniale harmonie savamment orchestrée.


Outre la qualité et la rareté des éléments qui la composent, ce qui rend la collection d’Hester et Harold Diamond si notable, c’est son incroyable processus d’évolution : toujours en mouvement. Un chef d’œuvre vendu permet l’achat d’un autre, céder un Picasso lui permet de s’offrir quatre old masters de la peinture et de la sculpture néerlandaise et italienne qui l’attirent tant à la fin de sa vie. Malgré ces bouleversements, l’équilibre de la collection sera néanmoins toujours maintenu. Des œuvres de Baroccio, Le Bernin, Filippino Lippi, Jörg Lederer et Wtewael trouvent à épouser avec justesse des Picasso, Brancusi et Barry X Ball parmi les calcites, tourmalines bicolores et opales bleutées.

Sans surprise pour la vente des minéraux, ce sont les diverses nuances des tourmalines qui font le plus de promesses. Trois spécimens rose vif sur fond de quartz fumé originaires d’Afghanistan sont estimés jusqu'à 30 000$. Leur géométrie rhomboédrique rappelle le revêtement des deux Witch Chair du designer Tord Boontje, des chaises entièrement recouvertes d'écailles carrées de cuir rouge. La paire de Witch Chair ayant appartenu à Hester Diamond fait bien sûr également partie de la vente. Dans la même veine, le vert absinthe de la Easy Chair arrondie des designers Scholten & Baijings répond à celui d'une belle polymorphite chinoise. La diversité des formes minérales, de leurs couleurs et de leur structure évoque donc avec justesse tout ce que la collection Diamond a comporté d'œuvres d'Art Moderne.

Et pour cause : les couleurs vives d'un Miró ou d'un Mondrian resurgissent coincées dans les cristaux d'azurites et de soufre. Que dire enfin, de ces rhodocrosites éclatantes, de cet impressionnant lot de pyrites, cette pierre qui aimante l'oeil, dont les cubes souvent parfaits se superposent avec rigueur ? Elles rappellent à nouveau le reste de la collection moderniste des Diamond. Comme de nouvelles sculptures entre les murs de l'appartement d'Hester à Central Park West, chaque spécimen est assis sur un socle spécialement conçu pour lui. À noter également dans cette vente, une éblouissante amazonite du Colorado et une grande émeraude aux jardins caractéristiques, originaire du gisement historique de Muzo en Colombie, le plus ancien et le plus recherché.



Between a Rock Crystal and a Bernini



"Fearless", the title of a stunning exhibition currently on view at Sotheby's NY is the apt epithet of American collector Hester Diamond who died in January 2020 at the age of 91. While her astounding ensemble of old masters’ paintings and sculptures, boldly offset by 21st century design have been much talked about over the years, prior to this sale, not much attention had been given to her selection of exotic minerals.


What makes Hester Diamond’s collection so unique is her approach which led her to sell off modern pictures in order to buy Renaissance ones: a Mondrian for a Veronese; a Picasso for two Flemish and two Ferrarese. Towards the late 1980's, her taste evolved further into the acquisition of Baroque pieces, the most important of which is a sculpture by Baroque geniuses Pietro and Gian Lorenzo Bernini, carved by father and son in 1616.


Hester Diamond found herself attracted to exuberantly hued minerals valued for their intricate formations, as you may expect from a lady whose eye had been trained in the middle of the 20th century and who collected primarily colorful and abstract works.


One of the modern paintings she owned was "Composition - The Typographer" by Fernand Léger. Colored shapes tip and tilt, fanning out towards the edges of the canvas much like the three translucent, deep pink tourmaline crystals delicately positioned by nature against the smokey quartz formation. True to her nature, Hester eschewed the notion of acquiring minerals based on matters of geology, preferring those specimens whose color and aesthetics moved her. She favored rare and significant sizes, examples that would be striking on their own. This particular one comes with an estimate of $30,000.

Like anything in her collection, it was of exceptional quality and the raspberry-hued angular crystals of her rare Sweet Home “rhodo” plate are no exception. This particular rock sample comes from the Sweet Home Mine in Colorado. Initially a silver mine dating from 1873, it would later become famous not for its precious metal but for the stunning red crystals it occasionally yielded.


When it came to collecting minerals, Diamond had not lost her appetite for interesting collectibles from overseas. This time her attention turned to Asia and her collection serves as a retrospective of the many contemporary discoveries in the region.


Diamond's pyrite on calcite from Xianghualing is composed of numerous interpenetrating light grey translucent calcite elements, which along with select striations, create a delicate glittering gold appearance in proper lighting. The overlapping planes and facets mostly in near-monochromatic browns, grays, or blacks are reminiscent of Picasso's cubist painting “Woman with a Mandolin” Diamond was so fond of.

When walking around the exhibition preview at Sotheby's, in an atmosphere akin to that of her Upper West Side apartment, we both wondered whether, between the Dutch and Italian masterpieces Diamond came to own, her first love of modern and abstract shapes actually materialized from her superb collection of interlocking quartz formations, like spirits from her visionary past.




Béatrice Del Favero, Adèle Aribaud


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