top of page
  • Photo du rédacteurAdèle Aribaud

L’orfèvrerie Dalí


Dalí se passionne pour les bijoux et les objets d’orfèvrerie à la suite de sa rencontre avec celle qui devient sa muse et compagne, Gala. Poussé par l’ambition « touche à tout » qui le dévore précocement dans sa carrière, il créé sa première série de bijoux dans les années 1940. L’art joailler compte désormais avec le surréalisme dalinien.


À cette époque, les ateliers VC&A s’apprêtent à présenter le collier Zip et Cartier met en forme sa célèbre panthère en 3D pour la première fois. Voilà pour les tendances du moment : de l’or tout en volume. Qu’il soit poli, martelé, texturé ou effilé, il fascine Dalí. Il l’utilise aussi bien comme élément décoratif que comme élément structurel.


En digne surréaliste, Dali interprète les thèmes du rêve, du temps, de la nature et de la mythologie. Ainsi on découvre des broches œil, des médailles PAX, des croix et bien sûr, le plus célèbre de ses motifs, la montre molle. Apparue pour la première fois sur une peinture en 1931, la montre dégoulinante -inspirée d’un camembert coulant- prend forme et se complique en 1949 d’un mouvement Jaeger-Lecoultre.

"Je suis mystique et tous les mystiques ont aimé l'or" Salvador DalI.

Séduit par les pierres, Dalí attache moins d’importance à leur potentielle préciosité qu’à leur aspect physique. Choisies pour leur couleur ou leur forme, elles deviennent des socles ou des cadres pour des objets décoratifs mis en scène comme de véritables sculptures miniatures. Dans La chute de l’ange par exemple, Dalí place une paire d’aile à mi-hauteur d’un bloc de quartz pour dépeindre le plongeon. La fleur vivante, elle, est assise sur un morceau de malachite brut. Enfin les variations cristallines de l’aigue-marine simulent l’eau du Lac du Cygne.


À propos des éléments détaillistes notables, citons les craquelures qui courent le long d’un bon nombre de ses médailles dorées. Autre élément décoratif récurrent, le tressage de l’or qui couvre en 1949 la plus ergonomique de ses bagues. La célèbre Bague corset est en fait un tube d’or richement décoré dont le gondolement épouse les courbes des phalanges comme le vêtement épouse celles du buste. La même année, il réalise Lèvres de rubis, une broche en forme de bouche souriante avec la fameuse denture en perles blanches.


Notons enfin que Dalí est novice en joaillerie et n’a donc pas fabriqué ses pièces lui-même. Ce sont l’italien Fulco di Verdura puis les deux new-yorkais Alemany & Ertman qui se sont vu confier les ouvrages. Ces deux-là signent d’ailleurs la paire de boucles d’oreilles en forme de téléphone « Persistance of Sound » (1949) qui est en ce moment-même en vente chez Christies. Elle accompagne d’autres illustres bijoux d’artistes dont Calder, Bury et Braque dans la vente Art to wear qui prend fin le 10 juin.



 

Fundació Gala-Salvador Dalí, Dalí. Joies/Bijoux. (2006). Turin, Italie, Editions Umberto Allemandi & C.


Jewellery & Design Départements at Christie's. (Mai 2020). The iconic artists who made jewellery. Consulté à l'adresse : https://www.christies.com/features/Art-to-wear-10475-7.aspx


Medusa, bijoux et tabous. Exposition. Musée d’art moderne de la ville de Paris, du 19 mai au 5 novembre 2017.


Michel, J. pour Le Monde (17 marc 1971). Entretien "DalI par DalI"


Ropert, P. pour France Culture (20 avril 2018). Des Montres molles aux éléphants : quatre symboles utilisés par Dalí.

Consulté à l'adresse : https://www.franceculture.fr/sculpture/montres-molles-elephants-anges-tiroirs-symboles-dali


Saubole, R. pour L'intermède (21 décembre 2009). Salvador Dali, l'or hurluberlu. Consulté à l'adresse : http://www.lintermede.com/exposition-dali-d-or.php#1123

Fundació Gala-Salvador Dalí, Dalí. Joies/Bijoux. (2006). Turin, Italie, Editions Umberto Allemandi & C.


  • Instagram - Gris Cercle
bottom of page